Notre engagement actionnarial à travers un dialogue structuré envers les entreprises

Focus sur

Covéa Finance considère le dialogue direct comme un axe primordial de création de valeur. Il permet de promouvoir une meilleure gouvernance, des pratiques sociales et environnementales responsables, ainsi qu'une transparence accrue. Marie-Ève Kieffer, Responsable de l’Analyse Financière et Extra-Financière, revient sur les grands principes de l’engagement actionnarial de Covéa Finance avec un exemple concret : la campagne de questionnaire standard menée en 2025.

  1. Qu'est-ce que l'engagement actionnarial et en quoi est-il important de le prendre en compte dans le cadre des engagements extra-financiers ?

Chez Covéa Finance, nous considérons que l’engagement actionnarial passe par un dialogue direct avec les entreprises. Notre démarche en la matière, cible en premier lieu les entreprises constituant la base de nos investissements de long terme.
Pour que cette démarche ait du sens, nous veillons à ce qu’elle soit constructive ! Comment ? En partageant avec ces entreprises les enjeux que nous considérons les plus matériels tels que l’intégration de l’IA ou les chaînes d’approvisionnement, tout en leur faisant prendre conscience de la nécessité d’accroître leur niveau de transparence sur les sujets extra-financiers.
 

  1. Comment faites-vous pour favoriser le dialogue avec les entreprises ? 

Dans le cadre de notre démarche, nous distinguons 4 types de dialogue :

  • L’engagement « investisseur thématique » qui est un engagement de l’entreprise sur une des thématiques E, S ou G. Il s’agit d’une démarche choisie par Covéa Finance, qui a été lancée en 2023. Cet engagement a pour objectif d’inciter activement les entreprises engagées à plus de transparence avec un suivi dans la durée.
  • Le dialogue et l’engagement effectués dans le cadre de l’obtention ou du renouvellement des labels.
  • Ceux réalisés dans le cadre de notre politique d’exclusion notamment ceux que nous organisons lorsque nous identifions des controverses considérées comme critiques, telles que les pollutions liées aux PFAS dit polluants éternels
  • Et enfin le dialogue structuré qui comprend notamment le vote aux Assemblées Générales et le questionnaire standard envoyé à un panel d’environ 250 entreprises.

     
  1. Arrêtons-nous sur un exemple concret : le questionnaire standard. Que vous apporte-t-il dans votre démarche auprès des entreprises ?

Le questionnaire standard, qui a été lancé en 2022, est une initiative volontaire qui répond à des objectifs pluriels :

  • Renforcer les échanges constructifs avec les entreprises dans lesquelles nous investissons.
  • Partager les thématiques matérielles identifiées dans notre analyse de l’environnement économique, financier et extra-financier.
  • Alimenter et approfondir nos travaux internes, tant financiers qu’extra-financiers

Il est constitué d’une trentaine de questions portant sur l’environnement économique et ses évolutions ainsi que sur des enjeux de durabilité. Cette diversité de thématiques reflète l’approche transversale de Covéa Finance, qui combine domaine financier et extra-financier dans l’objectif d’appliquer une lecture globale dans ses analyses.

Pour la campagne 2025, nous avons choisi de mettre en lumière 5 thématiques de ce questionnaire : l’Intelligence Artificielle, les équilibres géopolitiques et leurs impacts sur la chaine d’approvisionnement, les droits de douane, la décarbonation et enfin l’ESG comme levier de performance. 
 

  1. Que faut-il retenir des principales conclusions de cette campagne 2025 ? 
Marie-Eve Kieffer

« Face à un environnement macroéconomique et technologique en pleine mutation, l’analyse du questionnaire standard constitue un véritable baromètre pour évaluer l'agilité et la résilience des entreprises de notre panel »

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Ainsi sur la thématique de l’Intelligence Artificielle, nous assistons clairement à un changement de paradigme ! Ce n'est plus un sujet technique de niche, mais bien un pilier central de la stratégie opérationnelle et de la compétitivité future des entreprises. 90% des entreprises interrogées l’identifie comme un facteur d'impact direct sur leur activité. Mais l’analyse révèle également une vraie fracture entre les précurseurs et les suiveurs. 

Face aux tensions autour des droits de douanes qui ont fait l’actualité ces derniers mois, la plupart des entreprises ont fait preuve de résilience en gérant l'impact des annonces par des ajustements incrémentaux, comme la recherche de fournisseurs alternatifs ou l’augmentation des prix. Cela révèle une grande capacité d’adaptation des modèles existants plutôt qu'une transformation radicale. 

Sur le sujet extra-financier, l’intégration de la thématique de la décarbonation dans les stratégies s’impose comme un impératif. Mais au-delà de ça, ce qu’il faut souligner c’est qu’il y a une réelle ambition et les leviers opérationnels traditionnels, comme la transition vers des énergies renouvelables ou encore l'amélioration de l'efficacité énergétique, sont privilégiés. 

Le triptyque ESG se structure aujourd'hui autour d'un pilier environnemental dominant, porté par la décarbonation. Le volet social se recentre davantage sur le capital humain et la chaîne de valeur, tandis que la gouvernance s'affirme par la transparence et l'éthique. Sur ces axes l'ambition affichée n’est plus seulement de respecter les règles, mais de transformer les enjeux ESG en leviers de croissance et d'impact positif.

C’est cette compréhension fine des enjeux des entreprises qui nous permet d’avoir un dialogue toujours plus qualitatif. 

Interview de Marie-Ève KIEFFER, Responsable de l’Analyse Financière et Extra-Financière chez Covéa Finance
Réalisée le 23 mars 2026

Le bilan de la campagne 2025

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