Le regard du gérant - Les enjeux autour du déploiement de la 6G
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Le 19 décembre 2025, l’administration américaine publiait le document « Gagner la course à la 6G ».
Quelques mois plus tard, la Chine faisait de la 6G l’une de ses sept technologies prioritaires. Derrière la prochaine génération de télécommunication, une rivalité géopolitique : ne pas laisser d’autres puissances imposer leur technologie. Les restrictions américaines imposées à Huawei et ZTE dans la 5G ont montré à quel point les infrastructures de communication constituaient un enjeu de souveraineté.
Malgré cette compétition entre pays, les réseaux de télécommunication restent fondés sur des standards mondiaux. Leur définition repose sur le 3GPP, organisme international réunissant industriels et opérateurs ainsi que l’Union internationale des télécommunications, agence des Nations unies. Cette coopération répond à une nécessité économique. Sans normes communes, chaque pays devrait développer ses propres antennes, puces et logiciels rendant la technologie économiquement peu viable. Ces organismes redéfinissent les nouvelles générations de réseaux tous les dix ans environ. À chaque génération, l’utilisation de nouvelles bandes de fréquence permet de réduire la latence, d’améliorer le débit et de développer de nouveaux usages : la voix avec la 1G, le SMS avec la 2G, l’Internet mobile avec la 3G, les applications et la vidéo avec la 4G, puis les premiers usages industriels avec la 5G. La 6G poursuit cette dynamique, ouvrant la voie à de nouveaux cas d’usage : holographie, chirurgie à distance ou lunettes immersives.
Atteindre de telles performances suppose de mobiliser de nouvelles bandes de fréquence plus larges comme la sub-THz (à la limite de l’infrarouge) mais à portée plus faible et signal plus sensible aux obstacles. Leur utilisation nécessiterait davantage d’antennes, une densification du réseau et de nouvelles technologies de traitement du signal. Une équation économique difficile pour des opérateurs de télécommunication encore mobilisés pour le déploiement de la 5G. La rupture pourrait toutefois être moins dans les performances du réseau que dans sa conception. La 6G ambitionne de faire converger plusieurs infrastructures : les satellites et les infrastructures au sol seraient intégrés dans une même architecture afin d’étendre la connectivité. L’intelligence artificielle permettrait d’optimiser la gestion du réseau. Enfin, la sécurité répondrait aux nouvelles menaces liées au calcul quantique.
La 6G représente-t-elle un changement de paradigme justifiant un nouveau cycle d’investissement ? La réponse est incertaine alors que la 5G n’est pas encore déployée à grande échelle et que de nouvelles technologies augmentent les capacités d’opérations locales et réduisent les besoins d’accès aux réseaux.
La 6G nous ramène finalement aux interrogations sur l’IA : les dépenses d’investissement seront-elles justifiées par l’émergence de nouveaux cas d’usage et leur monétisation ? Au-delà des avancées techniques, la rentabilité économique reste le critère essentiel pour tout investissement dans de nouvelles technologies.
Rédigé par
Stéphane DARRASSE
Gérant Actions Internationales