"OnDécrypte l'Hebdo" - Choc
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Découvrez l'intégralité de notre suivi des marchés de la semaine - 13 avril 2026
Le 28 février dernier, un nouveau conflit au Moyen Orient s’engageait entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Dès le premier jour de ce conflit, l’Iran, par ses frappes de représailles, a entrainé la fermeture du détroit d’Ormuz. La rupture dans la chaîne d’approvisionnement énergétique occasionnée par cette fermeture a plongé le monde dans une crise qualifiée par l’Agence Internationale à l’Energie (l’AIE) de « plus important choc d’offre énergétique de l’histoire ».
Avant le conflit, entre 100 et 120 bateaux, tous types de cargaisons confondus, transitaient chaque jour dans le détroit d’Ormuz, contre 1 à 2 désormais (principalement des bateaux avec des chargements de pétrole iranien). Cet arrêt contraint de la navigation a créé une perturbation majeure dans les chaînes d’approvisionnement énergétique, mais également de certaines matières premières (méthanol, ammoniac, naphta, polyoléfines, soufre, hélium). Selon le rapport du 12 mars de l’AIE, la fermeture du détroit et les bombardements ont conduit les pays du Golfe (principalement l’Irak, le Qatar, le Koweït, les EAU et l’Arabie Saoudite) à couper leur production de plus de 10 millions de baril jour (8 mbj de brut et 2 mbj de condensat et GNL) et à fermer également 3 mbj de capacité de raffinage dans la région. Après l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines le 08 avril dernier, l’échec des négociations du week-end entre les États-Unis et l’Iran à Islamabad a douché les espoirs d’une reprise progressive du trafic dans le détroit d’Ormuz. Celui-ci devrait rester minimal sur les prochains jours suite au blocus annoncé par le président Trump. Même si une issue positive à cette crise venait à être trouvée prochainement, le retour à une production pétrolière et gazière équivalente à celle de février 2026 s’inscrirait dans la durée, nécessitant la remise en état de marche des champs et la reconstruction de certaines capacités de production détruites, en particulier dans le Gaz.
Un mois après le début de la crise, les premiers chiffres mensuels permettant de constater l’effet de ce choc sur les indicateurs économiques sont publiés et confirment son importance, en premier lieu sur la dynamique des prix. Ainsi, en zone euro, la hausse de 6,8 % de la composante énergie de l’indice des prix à la consommation est la seconde plus importante variation mensuelle observée depuis 1996 et le début de la série, après le choc occasionné par l’invasion de l’Ukraine par la Russie en mars 2022. Au regard de l’indice des prix dans son ensemble, la progression mensuelle de 1,2 % se classe à la 7ème position sur la même période. Aux États-Unis, sur un historique plus profond remontant à 1970, ce choc est tout simplement, au regard de la composante énergie avec une hausse de 11,9 % sur le mois, le plus important jamais reporté sur la série. Sur l’indice général des prix, l’effet est plus dilué, mars 2026 se classant 25ème sur près de 671 observations. Encore beaucoup d’incertitudes persistent à ce stade sur la diffusion de ce choc sur l’ensemble des composantes de l’indice des prix, avec toutefois la certitude qu’une crise durable renforce ce risque inflationniste. L’autre élément que scruteront avec attention les banques centrales pour déterminer leurs prochaines actions sera l’impact de ce choc sur le ralentissement de la dynamique d’activité, pour le moment encore peu lisible. Entre patience et action, le choix pourrait s’avérer cornélien.
Écoutez le podcast
ChocRédigé par
Frédéric KLEISS
Responsable du pôle Recherche
Sommaire
Analyse de l’évolution des marchés :
- Obligataire par Nicolas VIENNE
- Actions Europe par François-Xavier de GOURCY
- Actions Internationales par Sophie PONS DUBLANC
- Le regard de l'analyste par Victor LABATE
Analyse Suivi Macroéconomique :
- États-Unis par Sébastien BERTHELOT
- Asie par Eloïse GIRARD-DESBOIS et Jean-Louis MOURIER
- Europe par Jean-Louis MOURIER