Environnement économique - Septembre 2026
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Les pressions inflationnistes conduisent les banques centrales à durcir leur ton
Nos perspectives économiques et financières
Nos perspectives économiques et financières de mi‑année s’inscrivent dans la continuité de notre grille de lecture stratégique, marquée par un monde plus politique, plus régionalisé et engagé dans une quête accrue de souveraineté. Le choc lié aux tensions dans le détroit d’Ormuz constitue une nouvelle étape, révélant les vulnérabilités différenciées des économies et renforçant la nécessité d’adaptation des modèles de croissance. Cette dynamique entretient une inflation plus persistante et maintient une pression élevée sur les coûts de financement, dans un environnement d’endettement déjà contraint. Les impacts sur la croissance demeurent hétérogènes selon les zones, mais confirment une polarisation accrue des foyers de croissance. Dans ce contexte, les banques centrales voient leurs marges de manœuvre limitées et doivent arbitrer entre stabilité des prix et soutien à l’activité, dans un environnement marqué par une incertitude durable.
Le mois de septembre a été marqué par la poursuite des tensions au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les prix de l’énergie. Dans ce contexte, les principales banques centrales font preuve de vigilance face à des risques inflationnistes toujours élevés. La Réserve fédérale, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon ont relevé leurs taux directeurs de 25 points de base (pb), tandis que la Banque d’Angleterre a privilégié le statu quo tout en conservant un biais restrictif. Malgré ce resserrement monétaire et l’incertitude géopolitique, l’activité économique est demeurée résiliente dans les principales économies développées. En revanche, le mouvement de hausse des taux souverains s’est accéléré sur le mois, notamment en France où l’écart de taux avec l’Allemagne s’est amplifié. Sur le plan commercial, les tensions entre les Etats-Unis et plusieurs de leurs partenaires persistent, même si Washington et Pékin ont décidé de prolonger leur trêve tarifaire. Sur le marché des changes, l’euro s’est déprécié de 2,08 % sur le mois contre le dollar, à 1,1355. Le prix du baril de Brent a augmenté de 14,5 % par rapport au mois précédent, à 103,53$.
Aux Etats-Unis, l’économie est restée bien orientée. La consommation des ménages continue de soutenir l’activité, comme en témoignent le rebond des ventes au détail en août et la progression des dépenses de consommation, tandis que la dynamique demeure favorable dans les secteurs liés à l’intelligence artificielle. Le marché du travail a montré de nouveaux signes de solidité, avec une nette accélération des créations d’emplois en août (+162 000 postes) et un taux de chômage stable à 4,1 %. Dans le même temps, l’inflation demeure élevée, à 3,4 % en août, et les dernières publications suggèrent une diffusion plus large des tensions sur les prix au-delà de la seule composante énergétique. Dans ce contexte, la Réserve fédérale a relevé sa fourchette de taux directeurs de 25 pb en septembre, à [3,75 %-4,00 %], mettant en avant la vigueur de l’activité, la persistance de l’inflation et les risques associés à l’incertitude géopolitique. Les projections des membres du comité de politique monétaire (FOMC) suggèrent par ailleurs qu’un nouveau resserrement d’ici la fin de l’année est envisagé. Sur le plan commercial, les tensions avec le Canada se sont intensifiées tandis que la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping a débouché sur une prolongation de la trêve entre les Etats-Unis et la Chine. Par ailleurs, le Président américain a déclaré envisager d’interdire les exportations de diesel, face à la hausse des prix des carburants aux États-Unis.
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Au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre (BoE) a maintenu son taux directeur inchangé à 3,75 % en septembre, tout en conservant un biais restrictif face à des tensions inflationnistes qui demeurent élevées. L’inflation a en effet accéléré à 3,1 % en août sous l’effet de la remontée des prix de l’énergie, tandis que l’inflation sous-jacente est restée stable. Par ailleurs, la BoE a annoncé un ralentissement du rythme de réduction de son bilan, une décision qui pourrait contribuer à atténuer les tensions sur les taux souverains britanniques de long terme.
En zone euro, la Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs de 25 pb en septembre, portant le taux de dépôt à 2,50 %, dans un contexte marqué par la remontée des prix de l’énergie et la persistance des risques inflationnistes. Si l’inflation sous-jacente demeure relativement contenue, à 2,4 % en août, la hausse des prix de l’énergie continue de se diffuser progressivement à l’ensemble de l’économie, alimentant les inquiétudes des banquiers centraux quant au risque d’apparition d’effets de second tour. L’activité économique reste toutefois résiliente, comme en témoigne la progression du PMI composite du mois de septembre à un plus haut depuis début 2023. Les divergences entre pays demeurent toutefois importantes, l’activité industrielle restant peu dynamique en Allemagne et en France. Sur le plan politique, les élections régionales allemandes ont confirmé la progression du parti d’extrême droite AfD et accentué la pression sur la coalition de Friedrich Merz, tandis qu’en France l’approche des discussions budgétaires de 2027 alimente les interrogations sur la trajectoire des finances publiques et le risque politique.
En Chine, la dynamique d’activité reste contrastée. La production industrielle a accéléré en août et l’excédent commercial a progressé, soutenu par la hausse des exportations notamment dans les secteurs technologiques et liés à l’intelligence artificielle. La demande intérieure demeure en revanche peu dynamique, avec des ventes au détail qui progressent peu et une nouvelle contraction de l’investissement. Dans le même temps, les pressions déflationnistes continuent de s’atténuer, avec une accélération des prix à la production et une légère remontée de l’inflation sous-jacente.
La Banque du Japon a relevé son taux directeur de 25 pb en septembre, à 1,25 %, tout en indiquant que de nouveaux resserrements demeuraient possibles en cas de persistance des tensions inflationnistes. Les salaires continuent de progresser à un rythme soutenu (+4,7 % en glissement annuel) et les enquêtes de conjoncture témoignent d’une activité toujours en expansion, même si un ralentissement est perceptible dans les services. La demande extérieure, portée notamment par les investissements mondiaux liés à l’intelligence artificielle, demeure un important soutien à l’économie. Par ailleurs, les autorités japonaises et américaines ont multiplié les messages en faveur d’un yen plus fort, alors que la devise reste sous pression.
Sources des données : Datastream, Bloomberg, US Bureau of Labor Statistics, US Bureau of Economic Analysis, Office for National Statistics, Eurostat, BCE, S&P Global, Statistics Bureau of Japan, Japan Cabinet Office, National Bureau of Statistics of China.
Rédigé par
Eloïse GIRARD-DESBOIS
Analyste économique
Le 1er octobre 2026