La dette européenne à le recherche de nouveaux investisseurs

Perspectives Économiques et Financières

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Dans un contexte de besoins de financement durablement élevés et de retrait progressif de la Banque centrale européenne (BCE), les États de la zone euro adaptent leurs stratégies d’émissions.

Une tendance récente se dessine : le recours accru aux émissions obligataires libellées en devises étrangères. 

Depuis le début de l’année 2026, les souverains de la zone euro, notamment les pays de taille intermédiaire comme la Belgique, la Finlande, l’Autriche ou la Slovaquie, ont ainsi levé environ 4,6 milliards de dollars (Mds$) en dette non libellée en euro. Si ce montant reste modeste au regard du volume total d’émissions (près de 1 500 Mds € en 2025), sa progression est significative : presque deux fois plus de volume émis par rapport à la même période en 2025. Les émissions se concentrent principalement en dollars et en francs suisses, mais certaines opérations ont également été réalisées en yuans ou en dollars australiens, illustrant une diversification croissante des sources de financement. Le Portugal par exemple a émis l’équivalent de 250 M € en yuan au mois d’avril. 

Cette évolution s’inscrit dans un environnement marqué par une abondance de l’offre obligataire. La réduction du bilan de la BCE et la fin des programmes massifs d’achats d’actifs obligent les États à se tourner davantage vers les investisseurs privés pour absorber des volumes d’émissions historiquement élevés. Ces émissions permettent d’élargir la base d’investisseurs au-delà du seul marché domestique ou européen. Elles cherchent à attirer de nouveaux investisseurs internationaux, notamment asiatiques ou nord-américains, qui ne sont pas systématiquement présents sur le marché de la dette en euros. Émettre en devise locale peut constituer une première étape pour capter leur intérêt, avec l’objectif, à terme, de les orienter vers des titres libellés en euros. 

Au total, si les émissions en devises étrangères restent encore marginales dans la zone euro, leur montée en puissance illustre l’adaptation des États à un environnement de marché plus exigeant, caractérisé par des besoins de financement élevés, une moindre présence des banques centrales et une concurrence accrue pour capter l’épargne mondiale.

Focus de la semaine

"Deux scénarii dans un contexte très incertain"

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par

Marie-Edmée de MONTS DE SAVASSE
Responsable d’équipe Gestion OPC Taux

 

 

Sommaire

Analyse de l’évolution des marchés :
  • Obligataire par Xavier BOUSCHARAIN
  • Actions Europe par Thomas THIROUIN
  • Actions Internationales par Florian THAVEL
Analyse Suivi Macroéconomique :
  • États-Unis par Sébastien BERTHELOT
  • Asie et Europe par Jean-Louis MOURIER